Mardi 21 juin 2011
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LUCELLE : Sundgau & Jura suisse
Samedi 18 et dimanche 19 juin 2011
La randonnée itinérante des « Trois Pays » de l’été 2008 nous avait donné un avant-goût du Sundgau
et l’étape de Lucelle était restée dans nos esprits pour le site magnifique de l’ancienne abbaye cistercienne, mais aussi pour sa délicieuse carpe frite. Aussi, la proposition de Michel et
Marie-Joëlle d’organiser un week-end entier dans la région entraîna immédiatement l’adhésion de nombre d’entre nous.
Trente randonneurs prirent donc la route en bus Schneider tôt samedi matin pour rejoindre Biederthal. Mais
qui connaît Biederthal ? C’est un petit village sundgauvien collé à et encerclé par la frontière suisse à 10 km à l’est de Ferrette et à 15 km au sud-ouest de Bâle. C’est le point de départ
de notre randonnée. Michel a choisi pour nous une journée côté France dans le Sundgau et une journée côté Suisse dans le Jura. C’est l’équilibre parfait.
Pour entamer notre journée française, nous commençons par une petite incursion en suisse en grimpant au
village de Burg-im-Leimental pour admirer le paysage. Pluie fine et sortie des capes pour se mettre en jambes, mais dans la bonne humeur. Ensuite montée sur la crête qui fait frontière entre les
deux pays et nous suivons le sentier des bornes frontières du Falkemelsberg et du Raemelsberg en passant par le Raemelspitz à 832m sous un ciel très chargé, mais la pluie a cessé.
A la borne frontière 128, nous rentrons côté français pour suivre la crête du Naegeliberg et du Blauenberg.
Vers 1 heure, nos estomacs crient famine et nous nous arrêtons pour un casse-croûte réparateur attendu de tous depuis un bon moment !
Rassasiés, nous repartons une bonne heure plus tard - pas de
sieste - et nous continuons notre chemin par Steinerhof et Hornihof où nous rencontrons curieusement un élevage de lamas implanté en plein Sundgau avant d’atteindre le col de Neuneich à 730 m. Le
temps s’est amélioré, les capes ont disparu et nous avons même un peu de soleil. Qui dit mieux !
Notre guide nous avait annoncé une arrivée à Lucelle en passant par le Grand Kohlberg et le petit Kohlberg,
mais les chemins capricieux en ont décidé autrement et nous avons débouché trop tôt dans le vallon de la rivière Lucelle qui fait frontière. Un peu de route, question de s’échauffer un peu les
pieds, et Michel décide de repartir côté suisse pour éviter le macadam. Une dernière grimpée dans la forêt avant de rejoindre Lucelle après une étape de 22,9 km selon le GPS de
Jean-Michel.
Le Centre Européen de Rencontres à Lucelle est particulièrement accueillant et une bonne bière ou panaché
s’impose à tous sur la terrasse devant la chapelle. Le chanoine Diss, maître des lieux, vient nous souhaiter la bienvenue et nous parle de son village natal de Littenheim avec quelques bons mots
en alsacien que seuls Dominique et Jacques ne comprennent pas ! Mais tout va bien, la bière est bonne et fraîche à souhait.
L’abbaye de Lucelle, fondée en 1123 en présence de saint Bernard de Clervaux, se développa rapidement et fut
un centre religieux, culturel et économique pendant près de huit siècles. Elle devint l’abbaye-mère de nombreux couvents dont Pairis près de chez nous. L’abbaye fut plusieurs fois dévastée par
les guerres et les incendies. Les derniers bâtiments du 18ème siècle ont disparu après la révolution et ont servi de carrière de pierres. De cette triste fin, il ne subsiste que le
portail, une fontaine et l’ancienne hôtellerie où nous avons logé.
Les traditions d’accueil sont restées dans ces lieux chargés d’histoire et nous avons passé une soirée gaie,
conviviale et chaleureuse autour de carpes frites arrosées de vin blanc et rosé. Un bon souvenir de plus pour le club vosgien de Saint-Hippolyte.
Après une bonne nuit de repos et un solide petit déjeuner, nous sommes repartis pour un circuit en boucle,
100% suisse, et « cool » Michel dixit. Nous commençons par nous extraire du vallon de la Lucelle pour gagner un plateau exposé au vent et partagé entre cultures céréalières et
pâturages. Nous nous arrêtons à la clairière des Geais pour admirer son magnifique abri forestier et son barbecue hors norme. Un peu plus loin, nous atteignons la Ferme La Courtine où le
propriétaire nous fait admirer une belle Peugeot 203 de collection, dont il est très fier, garée au milieu de multiples tracteurs et engins agricoles alignés comme à la parade dans un énorme
hangar à machines de 1000 m2. Vite, il faut quitter cet amateur de vieilles voitures accueillant mais un peu trop bavard pour rattraper le groupe avant le village de Pleigne.
Le haut plateau de Pleigne est magnifique, parsemé de grandes fermes, de nombreux élevages de chevaux, des
champs de céréales ondoyant sous les bourrasques de vent avec toutes les nuances de verts tendres. Nous arrivons à la Burgisberg et il nous reste à atteindre les Ordons, point culminant de la
journée à 995m, et son énorme pylône-antenne qui nous nargue depuis deux ou trois heures. Nous y arrivons finalement vers 1 heure, l’estomac dans les talons, après avoir essuyé un vilain grain
qui nous a fait ressortir les capes. A noter tout particulièrement la cape de Colette qui flottait à l’horizontale, seule la capuche faisant son office.
Mais ce n’est pas encore l’heure du pique-nique. Il nous faut rejoindre le col des Rangiers où nous attendent
Marie-Thérèse et Jacqueline avec le précieux casse-croûte. Après un nouveau grain et une demi-heure de descente, nous les rejoignons avec grand plaisir et sous un rayon de soleil bienvenu.
Marie-Thérèse a bien fait les choses et nous nous régalons dans la bonne humeur après avoir bu l’apéro à la santé de Christine dont c’était l’anniversaire. Pour couronner le tout, Dominique nous
annonce la naissance d’un petit fils le matin même. Bref, la fatigue de la longue marche du matin est vite oubliée.
Il nous faut cependant repartir car le bus Schneider nous attend à Lucelle. Nous continuons donc vers le
vallon de Plainbois que nous traversons pour remonter dans les pâturages avec ses nombreuses barrières et petites échelles que l’on ne rencontre qu’ici. Nous repassons une crête vers les Bruyères
et il nous reste une longue descente à travers bois pour regagner Lucelle vers 17h15 après 22,8 km de marche selon les données de Jean-Michel.
Merci à Michel pour ce bon week-end de dépaysement total
que nous ne sommes pas près d’oublier.